Rêveur tenace

Rêveur
tenace
Livre anniversaire et site web
Sabh
Conception éditoriale, écriture et coordination globale
15 ans
Extrait

Stupéfiant comme l’on peut se faire des idées sur les métiers. Le dentiste fait toujours mal, le comptable a une calculatrice dans la tête, un chanteur se drogue forcément, les profs font grève, les marins auraient une femme dans chaque port… L’architecte, lui, dessine. Et c’est tout. Il y a des moments dans la vie où les images d’Épinal se font gentiment déboulonner. Cela fait du bien. De découvrir après Socrate que la seule chose que l’on sache vraiment est que l’on ne sait rien. Molière n’est pas mort sur scène, cette robe ne vous va pas très bien, on n’aime pas qu’une seule fois. L’architecte ne fait pas que dessiner.
Nous sommes assis face à un homme de 47 ans. Il y a des métiers où les marches sont un peu plus hautes que d’autres. À 47 ans, on est encore un « jeune » architecte, mais cela se soigne. À l’école de la ténacité, l’architecte est premier de la classe. « Un projet peut durer entre 3 et 10 ans. Les concours sont stimulants mais épuisants. Notre plus gros challenge est de tenir le projet originel dans le temps pour que la réalité construite soit la plus proche possible de l’esquisse de départ. » Si Bruno Huet concède quelques théorèmes, il se refuse à se lancer dans des envolées lyriques sur son métier. Plutôt que d’en parler, il préfère le faire. Un plan qui tient la route… « Je ne suis pas un théoricien de l’architecture. Je suis un intuitif, un pragmatique, un sensible. Il ne m’est pas simple de parler de ce que j’ai fait, de ce qu’il faudrait faire, de ce que je veux faire. Ce que j’aime faire, c’est me poser face à l’équation du projet et trouver une réponse juste. »